C’était juste un café

Un fantasme à vivre

C'était juste un café
Séance photo boudoir de couple

C’était juste un café

Le matin glisse encore un peu.

Les terrasses sont à moitié vides, les chaises froides, le métal qui garde la nuit dans ses angles.

Le café fume entre mes doigts. Printemps timide. Le genre de lumière qui ne réchauffe pas vraiment, mais qui promet.

Je m’appelle Lina.

Je devrais être ailleurs dans une heure. Un bureau, des mails, des collègues qui parlent trop fort. Et cet après-midi… autre chose. Une séance intime. Quelque chose que je n’ai jamais vraiment fait. Quelque chose qui me tourne déjà dans le ventre.

En face de moi, il y a Noah. Je ne connais pas son prénom, mais je l’ai baptisé ainsi dans ma tête parce qu’il lui va parfaitement. Ce prénom lui colle à la peau comme une évidence silencieuse.

Il a une façon de rester immobile qui attire tout.

On partage juste ça. Le premier rayon de soleil qui frappe la table. La même chaleur sur les mains. Le même silence.

Je sens son regard avant de le voir. Pas lourd. Pas déplacé. Mais présent. Trop présent.

Je bois une gorgée. J’essaie de redescendre. De ranger cette excitation qui monte sans prévenir.

Parce que cet après-midi me travaille déjà. Parce que mon corps a compris avant moi.

Je lève les yeux.

Il me regarde.

Il sourit.

Pas un sourire gentil.

Un sourire qui sait.

On ne parle pas.

Il se lève. Lentement. Comme si rien n’était prévu.

Quelques mètres. Puis il se retourne.

Il attend.

Je reste une seconde de trop. Puis je me lève.

Je marche derrière lui. Cinq… six mètres. Pas plus.

On ne se connaît pas. Mais je sais déjà que je ne vais pas m’arrêter.

Il pousse la porte d’un hôtel. Un de ceux qu’on ne remarque pas d’habitude.

Je m’arrête dans l’entrée.

Le cœur plus rapide. Le corps plus clair.

Il monte.

Je le suis.

Le couloir est calme. Trop calme.

Il ouvre une porte. Je passe.

Il me pousse contre le mur.

Le choc est plus brutal que je ne l’attendais. Mon épaule heurte le mur, quelque chose tombe par terre, un objet que je n’ai pas le temps d’identifier. Sa bouche est déjà sur la mienne, pas douce, pas précise : vorace. Nos dents s’entrechoquent une demi-seconde, ça fait un petit bruit ridicule qui m’excite encore plus. Je respire mal. Il sent le café et la peau tiède.

Ses mains sont partout à la fois. Trop rapides. Trop sûres. Elles tirent sur mon pull, le font passer par-dessus ma tête n’importe comment, mes cheveux restent coincés dedans une seconde. Je grogne d’impatience. Il descend sur mes seins, les prend à pleine bouche, suce fort, presque trop fort. La douleur fuse, belle, nette. Je cambre le dos sans le vouloir.

Je cherche sa ceinture à l’aveugle, les doigts maladroits. Le cuir résiste, je tire trop fort, il rit contre ma peau, un rire bas qui vibre jusque dans mon ventre. Enfin je le libère. Son sexe est lourd, brûlant, déjà humide au bout. Je le caresse une fois, deux fois, maladroite moi aussi. Il grogne, attrape mon poignet et le plaque contre le mur au-dessus de ma tête.

D’un geste sec, il descend mon jean et ma culotte ensemble. Le tissu se coince à mes chevilles. Je n’ai pas le temps de m’en dégager : il me soulève légèrement, écarte mes cuisses avec son genou. Deux doigts glissent directement entre mes lèvres, constatent à quel point je suis trempée. Il grogne encore, presque surpris. Puis il les enfonce d’un coup, sans douceur. Je lâche un cri rauque, la tête basculée en arrière.

Il me doigte vite, profondément, le pouce écrasant mon clitoris à chaque passage. Mes jambes tremblent. Je sens que je perds l’équilibre, que je glisse un peu contre le mur. Il me maintient comme il peut, son corps collé au mien. Je suis déjà au bord, haletante, ridicule.

Soudain il retire ses doigts. Le vide est insupportable. Je proteste d’un gémissement plaintif.

Il me retourne brutalement. Mes paumes claquent contre le mur. Je sens son sexe contre mes fesses, lourd, brûlant. Il frotte une fois, deux fois, comme s’il hésitait encore, puis il pousse. Un seul coup de reins. Brutal. Il entre jusqu’au fond d’un seul mouvement. Trop grand. Trop soudain. La brûlure est vive. Je crie, le front contre le mur froid.

Il reste immobile un instant, enfoui en moi, palpitant. Sa respiration est saccadée contre ma nuque. Puis il commence à bouger. Pas doucement. Des coups profonds, irréguliers, presque rageurs. Chaque fois qu’il s’enfonce, mon corps heurte le mur. Mes seins frottent contre la peinture rugueuse. La douleur et le plaisir se mélangent, se nourrissent l’un de l’autre.

Une de ses mains glisse devant, trouve mon clitoris gonflé, le malaxe sans finesse. L’autre agrippe ma hanche si fort que je sais que j’aurai des marques. Je perds le contrôle de ma voix. Des sons sortent de moi que je ne reconnais pas : des gémissements brisés, des suppliques courtes, animales.

Le plaisir monte trop vite. Trop fort. Je sens que ça va me submerger, que je ne vais pas tenir. Mes jambes se dérobent. Il me retient, me baise plus fort, plus profond, comme s’il voulait me casser en deux. Quand l’orgasme arrive, il me déchire presque. Je jouis en criant, le corps secoué de spasmes violents, mon sexe qui se contracte autour de lui sans que je puisse rien contrôler.

Il donne encore quelques coups, désordonnés, puis se tend brusquement. Un grognement rauque, presque douloureux, et je le sens jouir au fond de moi, longuement, par saccades brûlantes.

Nous restons collés, essoufflés, tremblants. Sa sueur coule entre mes omoplates. Mon cœur bat si fort que j’ai l’impression qu’il va lâcher.

Puis il s’éloigne.

Il se rhabille presque sans y penser.

Je reste adossée au mur, les jambes molles, son sperme qui commence déjà à couler lentement le long de l’intérieur de ma cuisse. Je sens l’odeur de nous deux, lourde, animale, collée à ma peau.

Il se tourne vers moi.

Un sourire.

Franc.

Simple.

Comme si rien n’était compliqué.

Il sort.

Je reste encore un peu.

Je remonte maladroitement mon jean, les mains encore tremblantes. Le tissu frotte contre mon sexe sensible, irrité. Mes cheveux sont emmêlés, mon maquillage probablement foutu. Je ne me regarde pas dans le miroir.

Dehors, la lumière a changé. Trop vive maintenant. Elle me tombe dessus comme une accusation. Le froid du printemps me mord les joues, contraste cruel avec la chaleur moite qui persiste entre mes jambes.

Je prends mon téléphone.

Je n’irai pas travailler ce matin.

Pas aujourd’hui.

Aujourd’hui, j’attends autre chose.

Et cette fois…

je ne crois plus que j’ai peur.